Grève dans les stations : poulies, cordes et migrants pour pouvoir ouvrir

par | Fév 12, 2020 | Provence, Socièté

Des migrants du Briançonnais pour monter les skieurs lors de la grève.

Alors que les vacances d’hiver ont déjà commencé, une trentaine de stations de ski sont bien décidées à fermer les remontées mécaniques, à l’appel de syndicats FO et CGT.

C’est pour manifester contre la réforme de l’assurance-chômage que plusieurs stations des Hautes-Alpes ont prévu de mettre à l’arrêt toutes les remontées mécaniques.

Mais, alors que de nombreuses stations commencent à avoir des difficultés pour avoir de la neige fraîche et à ouvrir toute la saison, cette grève tombe mal.

Les canons à neige tournent à plein régime, on se fait livrer de la neige importée d’Italie par camion pour être prêt à recevoir les touristes étrangers dès samedi et là, on va se retrouver avec les tires-culs à l’arrêt – explique, inquiet, François Brun, responsable d’une des stations concernées.

Remplacer les machines par des muscles

Déjà 2 des stations, dont le personnel sera en grève ce samedi 15 février, ont décidés de maintenir l’ouverture des pistes en mettant en place un système inattendue pour remonter le skieurs.

C’est ainsi que des employés non-grévistes de la station sillonnent les cols du Briançonnais, et notamment le col de l’Echelle, à la rechercher de migrants tentant de passer la frontière.

On compte mettre en place des cordes et des poulies jusqu’au sommet des pistes et nous proposons, aux migrants, contre un repas chaud et une nuit dans un lit, de tirer les cordages pour faire monter les touristes sur des tires-fesses manuels – nous expose Maurice Vaillantin, qui arpente les cols à la recherche de bras musclés.

Du côté des syndicats, cette démarche est considérée comme un affront, mais elle génère aussi une crainte.

En effet, remplacer les remontées mécaniques par des remontées manuelles pourraient être tellement plus économique pour les stations que ces dernières pourraient envisager de pérenniser ce nouveau système. Cela donnerait enfin une place dans le tissu alpin, aux migrants venus par l’Italie.